La première fois que j’ai joué à un jeu de foot, c’était sur une PS1 empruntée à mon cousin, avec des joueurs qui ressemblaient à des Playmobil sous stéroïdes. On est en 2026 et je viens de passer trois heures sur les trailers d’EA Sports FC 27 en me disant que le gamin de 10 ans que j’étais aurait littéralement pleuré. C’est pour dire.
Bon, je vais pas vous mentir : je ne suis plus vraiment le mec qui achète chaque itération à la sortie. J’ai fait cette erreur pendant des années, à racheter le même jeu à 70 balles pour trois animations en plus. Mais là, cette année, il se passe un truc.
FC 27, ce que ça change vraiment
Le gros morceau, c’est le mode Carrière qui passe en monde ouvert. Oui oui, comme NBA 2K depuis des années. On peut se balader dans une sorte de ville-hub entre les matchs, croiser des PNJ, faire des activités annexes. Certains trouvent ça gadget, perso je trouve ça pas mal du tout. Ça casse enfin cette structure ultra-menus qu’on se tape depuis quinze ans.
Côté gameplay, ils annoncent « plus de contrôle » (formulation vague au possible, mais bon) et surtout une défense revue. Ça, c’est intéressant. Parce que si vous jouez en ligne depuis quelques années, vous savez que défendre était devenu une plaie : tu appuies sur un bouton et ton défenseur décide, dans sa grande sagesse, de partir en promenade. Ils promettent des marquages plus intelligents, des interceptions moins aléatoires. À voir manette en main.
Le mode Carrière, enfin traité comme un vrai mode
Pendant des années, la Carrière était le mode oublié. Le mode où on balançait deux features cosmétiques pour dire qu’on avait travaillé dessus. Là, entre le hub ouvert, les nouvelles interactions avec les joueurs et un système de personnalité qui influencerait les performances, ça sent le vrai boulot. Je préfère quand même attendre les premiers retours avant de sortir la carte bleue (parce que niveau promesses avant sortie, on nous a fait le coup souvent).
D’ailleurs en parlant de mise, ce genre de sortie tape toujours dans les mêmes réflexes de « grosse dépense loisir » : entre 70 balles pour un jeu et 20 balles pour un mois de streaming, certains préfèrent miser sur Brutal Casino pour occuper leurs soirées autrement. Chacun son délire, tant que ça reste raisonnable.

L’e-sport, ce truc qu’on prenait pour une blague il y a 10 ans
Franchement, si en 2015 vous m’aviez dit que des gens rempliraient des stades pour regarder d’autres gens jouer à des jeux vidéo, je vous aurais gentiment proposé un verre d’eau. Aujourd’hui, l’e-sport est traité comme une vraie discipline dans les rubriques sport des médias généralistes. Des chaînes d’info balancent des sections dédiées, avec des analyses de tournois, des transferts de joueurs, des cotes de performance.
Ce que je trouve fou, c’est le glissement culturel. On est passés du « c’est pas du vrai sport » au « attends, il gagne combien ce gamin de 19 ans ? ». Et là, plus personne ne rigole.
Sport traditionnel vs e-sport : la frontière s’efface
Ce qui est intéressant, c’est que les deux mondes ne se regardent plus en chien de faïence. Des clubs de foot ont leur section e-sport. Des joueurs pros de FIFA (pardon, de FC) sont sponsorisés par les mêmes marques que les footballeurs. Et il y a même des scientifiques qui bossent sur l’aspect physique de la chose : temps de réaction, endurance mentale, préparation physique. Cette quête de performance cognitive rappelle d’ailleurs ce qui rend certains jeux en ligne si captivants : la mécanique du risque calculé sollicite les mêmes ressources mentales. Un joueur pro de haut niveau s’entraîne autant qu’un athlète classique, juste différemment.
Est-ce que ça fait de l’e-sport un sport ? Bof, le débat me saoule un peu. Ce qui compte c’est que ça bouge, ça crée des emplois, des vocations, des tournois de dingue.
Les pépites qu’on oublie trop souvent
Vu qu’il y a une Coupe du Monde cette année (le contexte s’y prête bien), on a vu passer plein de listes de « jeux de sport à tester pendant les pauses ». Et sincèrement, ça m’a rappelé qu’il n’y a pas QUE les gros blockbusters annuels. Il existe une scène incroyable de jeux de sport indépendants, parfois gratuits, souvent plus fun que leurs cousins AAA.
Quelques catégories qui valent le coup d’œil :
- Les jeux de foot arcade type Sociable Soccer ou Golazo, qui reprennent l’esprit des vieux Sensible Soccer avec un vrai amour du gameplay direct
- Les simulations de manager pur, où tu ne joues jamais les matchs, juste les tableaux et les négos (Football Manager reste le roi, mais pas seul)
- Les jeux de sport totalement absurdes du genre Rocket League ou ses clones, qui prouvent qu’on peut créer un sport ex nihilo et le rendre plus regardé qu’un vrai
- Les titres de niche : cricket, sports mécaniques exotiques, e-cyclisme (oui, ça existe et c’est pris au sérieux)
Le truc qui m’a marqué c’est que certains de ces jeux sont gratuits ou à 5-10 euros. Face aux 70-80 balles d’un FC 27 édition standard, ça calme.
Ce que j’attends vraiment de cette génération
Après avoir traîné mes guêtres sur à peu près tous les jeux de sport depuis 20 ans, y’a quelques trucs qui me feraient sauter au plafond.
Une vraie IA d’équipe
Pas juste des coéquipiers qui courent en ligne droite. Je veux voir un ailier qui adapte ses appels selon la fatigue du latéral adverse. Un défenseur qui anticipe une passe parce que le milieu a la tête baissée. On y arrive petit à petit, mais on n’y est pas encore.
Moins de monétisation prédatrice
C’est probablement le vœu le plus naïf de la liste. Le mode Ultimate Team continue de rapporter des centaines de millions par an aux éditeurs, faut pas rêver ils vont pas y renoncer. Mais un peu de décence dans les prix et les taux de drop, ce serait bien.
Le sport et le jeu vidéo, un mariage qui se solidifie
Ce qui me fascine dans cette histoire, c’est qu’on a arrêté de considérer le jeu vidéo comme une pâle imitation du sport. Aujourd’hui, un gamin qui rêve d’être champion peut choisir entre un ballon et une manette, et personne ne va lui dire que le deuxième chemin est moins légitime. Enfin, si, quelques oncles au repas de famille, mais globalement on a franchi un cap.
Et honnêtement, quand je vois un jeu comme FC 27 promettre un monde ouvert, quand je vois des gamers pros se faire soigner par des kinés, quand je vois des grands-mères qui savent ce qu’est Rocket League parce que leur petit-fils joue en équipe nationale… je me dis qu’on est vraiment loin de la PS1 empruntée au cousin.
Rendez-vous à la sortie du jeu pour voir si les promesses tiennent. Historiquement, on a été déçus un paquet de fois. Mais bon, l’espoir fait vivre.