Samedi dernier, 7h du mat. Je suis dans ma voiture, direction Saint-Dizier pour une compét’ Hyrox. Dans le coffre : mes chaussures de cross, trois t-shirts de rechange (je transpire comme un phoque), et assez de barres protéinées pour nourrir une équipe de rugby.
Six mois que j’enchaîne les compétitions.
Tout a commencé en octobre quand mon coach m’a dit « tu devrais essayer une compét’, juste pour voir ». Juste pour voir. La blague. Depuis, j’ai fait 8 compétitions, perdu 4 kilos, gagné des courbatures permanentes et découvert que j’adore me faire mal en public.
Hyrox : le nouveau truc qui débarque partout
Franchement, l’Hyrox c’est le phénomène du moment. T’as des events qui se montent à Toulouse, dans le Haut-Rhin, à Genève… Partout quoi. Le concept ? 8 km de course entrecoupés de 8 stations d’exercices fonctionnels. Rameur, ski erg, burpees broad jumps (mes préférés… non je déconne), wall balls…
1000 mètres de course.
1 station.
1000 mètres de course.
1 station.
Et ainsi de suite.
Simple sur le papier. Dans la vraie vie, à partir de la station 5, tu commences à voir des étoiles. Perso j’ai fini ma première Hyrox en 1h32. Pas ouf comparé aux machines qui bouclent ça en moins d’une heure, mais j’étais content de pas avoir vomi.
Les catégories qui changent tout
Le truc cool avec l’Hyrox, c’est que t’as plusieurs niveaux :

- Open : pour tout le monde (c’est là que je suis)
- Pro : pour les fous furieux qui veulent des poids plus lourds
- Doubles : en équipe de deux
- Relay : en équipe de quatre
Les doubles c’est sympa. Tu partages la galère avec quelqu’un. Genre pendant que ton pote fait ses lunges avec 24kg sur les épaules, toi tu récupères. Enfin tu récupères… tu l’encourages en essayant de pas trop montrer que t’es mort.
Les championnats UNSS : quand les lycéens te mettent une claque
Autre ambiance.
J’ai été voir le championnat départemental UNSS à Pont-du-Château. Des lycéens de 15-18 ans qui envoient du lourd sur des WODs (workout of the day pour les non-initiés). Le niveau est dingue. Ces gamins font des muscle-ups comme si c’était des pompes normales.
Le format UNSS c’est différent de l’Hyrox. C’est plus proche du CrossFit « pur » avec des WODs chronométrés, des AMRAPs (as many rounds as possible), et des complexes d’haltéro. Les jeunes du lycée de Pont-du-Château ont fini sur le podium. Normal, ils s’entraînent 3 fois par semaine minimum.
Ce que j’ai appris en regardant les jeunes
| Exercice | Mon temps | Temps des lycéens | Ma réaction |
|---|---|---|---|
| 21-15-9 Thrusters/Pull-ups | 8:45 | 5:20 | Je pleure |
| 1000m Row | 3:52 | 3:15 | Pas si mal |
| 50 Box jumps | 2:30 | 1:45 | Ils rebondissent |
| Grace (30 C&J @60kg) | 6:20 | 3:40 | OK j’arrête |
Mon planning de compét’ sur 6 mois
Depuis octobre, j’ai fait :
- 2 Hyrox (Saint-Dizier et Toulouse)
- 3 compétitions locales de box
- 1 Throwdown régional
- 2 events caritatifs
Le rythme idéal pour moi c’est une compét’ toutes les 3-4 semaines. Ça laisse le temps de récupérer et de bosser les points faibles entre deux. Parce que oui, chaque compét’ révèle des trucs à améliorer. Genre j’ai découvert que mes wall balls c’était de la merde. 150 reps en compét’, j’ai cru mourir – comme quand j’ai testé un casino en ligne pendant trois mois d’affilée, ça finit par révéler tes limites.
Petit aparté : entre deux séances, je me détends parfois avec des jeux en ligne. L’autre jour j’ai découvert Chicken Shoot sur le site chicken-shoot-fr.com, c’est con mais ça fait passer le temps pendant les phases de récup’. Bon c’est pas ça qui va améliorer mes perfs en wall balls mais au moins ça détend.
Les erreurs de débutant que j’ai faites
Première compét’, j’arrive sans stratégie. Je pars comme un bourrin sur les 1000 premiers mètres de course. Station 3, je suis cramé. Les 5 stations suivantes c’est l’enfer.
Maintenant je sais :
- Partir à 80% max sur la course
- Découper mentalement chaque station
- Respirer bordel, respirer
- Avoir une stratégie de ravito
L’équipement qui fait la diff
J’ai testé plein de trucs. Les chaussures c’est crucial. Pour l’Hyrox, il faut un modèle polyvalent course/training. Les pures running sont nulles pour les exercices, les pures CrossFit sont lourdes pour courir 8 bornes.
Mes indispensables :
– Chaussures hybrides (j’ai des Nano X3)
– Short avec poche zippée pour les gels
– T-shirt technique qui sèche vite
– Ceinture de force pour les farmers carry
Pas besoin de dépenser 500 balles. Mon matos complet m’a coûté 250€ et ça fait le job.
L’ambiance compét’ : entre souffrance et kiff total
Ce qui est dingue en compét’, c’est l’ambiance.
T’as beau être en train de crever, t’as toujours quelqu’un pour te crier dessus (dans le bon sens). La dernière fois, sur mes 50 derniers burpees, une meuf que je connaissais même pas s’est mise à compter avec moi. « Allez, plus que 20 ! 19 ! 18 ! Tu lâches rien ! ».
Cette énergie collective, c’est addictif. Même quand tu finis 127ème sur 200, t’as l’impression d’avoir gagné quelque chose. En l’occurrence, des courbatures pour 4 jours et une bonne dose de fierté.
Pourquoi je continue (malgré la douleur)
La progression.
Ma première Hyrox : 1h32. La deuxième : 1h24. OK c’est pas les JO mais 8 minutes de moins, je prends. Sur les compét’ de box, mes temps de Grace sont passés de 6:20 à 5:15. Mes doubles unders s’enchaînent enfin sans que je me fouette les tibias toutes les 3 reps.
Et puis y’a ce truc bizarre : plus c’est dur, plus t’as envie d’y retourner. C’est con mais après chaque compét’, dans la voiture en rentrant (souvent je peux à peine lever les bras pour tenir le volant), je regarde déjà la prochaine date.
Les prochains objectifs
J’ai trois trucs en tête :
– Passer sous les 1h20 sur une Hyrox
– Qualifier pour les demi-finales d’un Throwdown
– Réussir un muscle-up en compét’ (pour l’instant c’est niet)
Réaliste ? On verra. En attendant je continue de m’entraîner 5 fois par semaine, de manger des quantités astronomiques de blanc de poulet, et de regarder des vidéos de Mat Fraser en me disant « un jour peut-être » (spoiler : non).
Si t’as envie de tester, lance-toi sur une compét’ locale. Commence petit. L’Hyrox c’est bien pour débuter, le format est clair et t’as pas de mouvements techniques impossibles. Les compét’ de box c’est plus varié mais faut déjà maîtriser les basiques du CrossFit.
Juste un conseil : prépare-toi à avoir mal. Partout. Longtemps.
Mais putain qu’est-ce que c’est bon.